Récit de session Würm (Cristal d'Orage) du 08/09/2026 - Le Présage et la bande de l'Arbre Tordu
Disclaimer : ces récits concernent la campagne Cristal d'Orage du JDR Würm, ne lisez pas plus loin si vous craignez les spoilers.
Retour à Würm ! Après de nombreuses autres campagnes et one-shots, je reviens à Würm en tant que joueur, avec quasiment le même groupe. Cette fois-ci nous ne jouons pas des néandertals (aussi nommés « homme ours ») mais des homo sapiens (ou « hommes longs »).
Comme lors de la dernière campagne, le premier scénario commence par nos personnages enfants, avec une définition vraiment minimale d’un point de vue mécanique (un talent, des désavantages généraux liés au fait d’être des enfants, une arme et c’est parti) ; l’idée étant d’étoffer par la suite en cohérence avec les premiers pas de nos personnages face aux ennuis.
Place au récit !
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Tout a commencé par un rêve. L’Arbre Tordu, le repaire de notre bande, non loin de la grotte sacrée de la tribu de l’Auroch Blanc. Jusqu’ici rien de surprenant. Sauf qu’il y avait des plumes rouges et dorées, que le vent emportait vers la forêt des Amonites, et ses motifs rigolos sur les rochers.
J’ai jamais vu le rapport avec les champignons maigrichons qui donnent des fièvres de chamanes, ou l’impression qu’un bouquetin vous a chargé dans le ventre si on en croit les cueilleurs du clan.
C’était un rêve bizarre, mais au moins il y avait des traces qui tournaient autour de l’arbre avant de s’éloigner. Pas des traces d’oiseau en tout cas. Moi, si on m’appelle Scrute-le-Sol, c’est parce que les pistes j’aime autant les trouver que les suivre.
J’ai raconté mon rêve aux autres : les frère et sœur Rire Tonnerre et Oreille Perdue, et Triste-Cerf. Ils disaient qu’ils avaient fait le même rêve, mais ils étaient moins emballés, ils trouvaient que ça faisait mauvais présage. Et puis, ils ne voyaient pas de quoi je voulais parler avec mes traces inconnues, mais bon faut dire que pour le pistage c’est moi qu’on laisse faire.
Triste-Cerf disait que les plumes s’étaient stoppées comme suspendues avant de toutes partir dans la même direction. Il a peut-être rêvé d’une de ses parures ? Il a parfois de drôles d’idées.
Rire Tonnerre avait parlé du vent froid et du silence pesant, alors qu’Oreille Perdue avait entendu distinctement le chant d’un oiseau. Ça par contre c’était pas banal : d’habitude si Oreille Perdue entendait une bête, c’est qu’on l’avait tous entendu. Ça doit marcher comme ça les présages. À la fin du rêve on était d’accord pour dire qu’on avait vu quelque chose bouger dans la forêt, et qu’une plume était restée accrochée à un buisson.
En tout cas on en a parlé à Quartzite, vu que les esprits lui parlent souvent et que si on en parle aux adultes, on ne pourra pas mettre un orteil dans la forêt des amonites sans se faire attraper et ramener au camp. Quartzite nous a parlé de l’Oiseau Soleil qui a ce genre de plumes, et que c’était pas bon signe. Rapport au fait qu’on est à la Saison du Renouveau où l’Oiseau Soleil éclôt et s’envole pour apporter la chaleur tout le long de la Saison de la Vie, et ne mourir qu’à la fin de la Saison des Massacres. Et que des oiseaux qui volent sans leurs plumes, la tribu n’en a jamais croisé.
Bref, les plumes c’était une piste, et les traces une seconde piste. J’ai poussé avec Rire Tonnerre (qui aime bien explorer), et on a fini par convaincre Triste-Cerf et Oreille Perdue (qui aiment bien rester loin des ennuis, mais bon ils sont sympas quand même). Rapides, la sœur de Triste-Cerf, nous a même aidé en douce à rassembler de quoi nous équiper pour notre expédition.
…
La forêt des Amonites est à une moitié de journée du clan, en y allant, en trouvant l’Oiseau Soleil sans s’attarder et on pouvait être de retour avant qu’il ne fasse nuit.
Mais bon c’était la première fois qu’on pistait un rêve, donc c’était moins évident que prévu. Quand j’ai fait remarquer que les ombres étaient plus grandes que les arbres, les autres ont fait une drôle de tête.
Ça s’est pas arrangé quand Oreille Perdue s’est inquiété qu’il puisse y avoir des loups. Rire Tonnerre comme d’habitude l’a rassurée, mais s’est fait couper par un hurlement plutôt lupin. « Sans doute un cerf », qu’il a dit, mais je suis pas sûr que ça ait convaincu les autres.
De toute façon, on s’est dits qu’on aurait besoin d’un feu, donc je me suis mis à chercher des silex pour l’allumer rapidement et Rire Tonnerre s’est éloigné chercher des branches, pendant que le ciel passait du rouge du crépuscule au bleu du soir. Et que nos deux autres comparses scrutaient les environs, couteaux au poing.
Oreille Perdue a fini par remarquer que son frangin était parti depuis longtemps. Avec la lumière qui baissait c’était coton de le retrouver, mais Triste-Cerf l’a entendu crier depuis une hauteur : « N’approchez pas ! ».
On lui a répondu en demandant ce qui se passait, on a vite été fixés : des dholes, toute une meute qui nous a cavalé droit dessus !
J’ai tenté de rugir comme mon père Lion Ardent montrait lors des veillées, mais ça a moins bien marché que dans ses histoires. Oreille Perdue n’était plus là, je me suis dit que Triste-Cerf avait eu une bonne idée en voulant grimper à l’abri dans un arbre. Sauf que l’Arbre Tordu est plus coopératif que ces arbres là : on a vite abandonné l’idée.
Rire Tonnerre en a eu une sacrément courageuse et futée d’idée : il a crié sur les dholes en imitant une proie ! Je sais pas d’où il tire ce tour là, mais c’était drôlement réussi, ils ont fait demi-tour aussi sec ! J’ai voulu leur envoyer une pierre pour semer la pagaille, mais j’ai juste réussi à la faire ricocher contre un arbre. Même pas l’un de ceux qui nous a juste refilé des échardes.
Oreille Perdue a fini par nous retrouver, alors qu’avec Triste-Cerf on commençait à allumer un feu, en espérant que ça aide Rire Tonnerre à nous retrouver.
Rire Tonnerre est bel et bien revenu, à bout de souffle mais seul. On a d’abord cru qu’il parlait d’ours, mais ensuite il nous a expliqué que trois Hommes Ours avaient fait irruption pour s’attaquer aux dholes. On étaient contents de voir Rire Tonnerre en un seul morceau, mais la nouvelle était plus qu’inquiétante : les Hommes Longs restent à l’écart des Hommes Ours, ils sont sinistres et dangereux, on dit même qu’ils mangent d’autres humains.
Triste-Cerf avait l’air secoué, il n’arrêtait pas d’ajouter des branches au feu, comme s’il avait décidé de faire brûler la nuit. Oreille Perdue pour le calmer a révélé ce qu’elle tenait dans son poing : elle avait trouvé une plume de l’Oiseau Soleil ! C’est alors que j’ai eu une idée. Je croyais me souvenir que les Hommes Ours vivaient dans des grottes. Le feu ne leur ferait pas peur, mais si on arrivait à attirer l’Oiseau Soleil, il pourrait peut-être nous protéger ?
On a encouragé Oreille Perdue à imiter le chant d’oiseau dont elle se souvenait, et on l’a imitée alors que les hautes flammes faisaient chanceler nos ombres. Le vent a tourné, nous a guidé jusqu’à une falaise surplombant un promontoir. En contrebas on apercevait un nid avec des éclats de coquille d’oeuf. Quelque chose avait éclôt, mais le sol restait hors de vue.
On a sorti une corde, et on s’est tourné vers le plus léger d’entre-nous : Triste-Cerf. Il s’est dévoué pour descendre voir tandis qu’on retiendrait la corde, après avoir ajouté la plume de l’Oiseau Soleil à sa parure. Une drôle d’idée mais ça lui donnait de l’allure.
Alors qu’on l’aidait à descendre d’en haut, il a pu apercevoir l’oisillon au plumage luisant sous la lune … et l’ombre d’un vorace carcajou tapi à quelques mètres de là.
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